La larme d’éléphant : 3 extraits

Le professeur, pressé de narrer son histoire, ne répondit plus aux question de l’impudente gamine mais se tourna vers moi.

- Vous souvenez-vous Lasalle, cette chercheuse qui avait ouï dire cette légende des éléphants par des indigènes ? Et bien figurez-vous qu’elle organise actuellement à travers le Cameroun des colloques sur l’homosexualité des scorpions en milieu désertique. L’Académie pense que nous devrions la retrouver là-bas puis converger vers la réserve de…moi ne sais plus quoi…où elle dit que le récit d’autochtones corroborait ce qu’elle savait déjà. Elle désirerait nous faire part de ces recherches et poursuivre avec nous le voyage.

- Remarquez, nota Firmin, à choisir, je préfère l’avion au désert brûlant à bord de notre camion.

- Et bien, rétorqua Marie-France, malgré un confort somme toute précaire, le voyage commençait à me plaire.

- Ouais, ouais ! renchérirent les petites.

- Rassurez-vous, précisa le professeur, du Cameroun à la réserve, il reste de la route, en camion ou en chameau.

- Ouais super ! ! ! cria Arlette, sautillant sur place, du chameau ! !

- Moi, je ne rirais pas si vite à votre place, s’exclama le professeur, dés que nous avons des nouvelles de vos parents, nous vous renvoyons toutes en France.

- Ho ! ! ! maugréèrent les petites, pour une fois qu’on s’amuse bien avec les adultes, c’est pas juste !

- Quel avion allons-nous prendre monsieur ? Demanda Firmin.

- Un Hercule du troisième Rima ! il décolle d’Alger pour l’Afrique du sud et il doit faire escale au Cameroun pour 24h00. Il peut nous embarquer avec le camion sans aucun problème, tout ce que l’on nous demande, c’est d’être discrets et de ne pas fouiller partout, n’est-ce pas mesdemoiselles ! Dit-il d’un air narquois en se tournant vers les fillettes.

- Jurer cracher, répliqua Jocelyne, croix de bois, croix de…

- Oui, oui, tenez-vous bien pour une fois. Cela vaudrait mieux pour vous.

___________

Ha, vie, que tu es ingrate ! Vois ce garçon pas bien beau mais pas laid pour autant se noyer dans la plus noire des anxiétés, prisonnier de ce non amour qui l’asphyxie, le tyrannise déjà. A-t-il un soupçon d’espoir lui qui sent son cœur s’embraser tel un feu de forêt en corse. Mais as-tu donc, vie, aucun remords de jeter sur cet pauvre hère, perdue dans l’immensité de sa destinée, un piège si maléfique ; le plus terrifiant des traquenards : celui qui tord les boyaux comme une vilaine et sournoise appendicite, la plus mesquine des embûches qui fait s’épanouir une Esmeralda ombrageant le pauvre Casimodo.

Ho vie ! J’ai déjà connu les inévitables pleurs, les peurs visibles ou inévitables, les blessures qui déchirent le cœur au fil du temps.

Laisse moi découvrir l’amour avec ma tendre scientifique.

Allez ! Saupoudre de tes mains invisibles une poussière d’enchantement sur ma tête tourmentée.

Je ferme un instant les yeux, je fais semblant de dormir pour ne pas t’effaroucher, alchimiste de mon bonheur…

Mon cerveau s’enrichissait d’un nouveau locataire : un magnifique couché de soleil.

___________

Quand arrivera le moment de l’ultime départ, je pourrais redonner, heureux, mes mémoires au vent qui profiteront à un autre contemplateur, les yeux ouverts et la pureté dans l’âme.

Aux méandres d’un neurone super actif se trouvent des trésors cachés en d’abyssales profondeurs, que n’éclaire aucune luminosité.

Je voyage au détour d’une pensée dans ces hémisphères que la science, petit à petit découvre, comme une fin limier débusque un gibier furtif. Je ne veux pas d’explication. Je préfère laisser dériver un radeau fait de questions sans réponse.

Devenir témoin, juste témoin, un témoin microscopique mais au regard acéré. Un regard qui découvre derrière une feuille agitée par le vent les frissons d’une terre apeurée ou la plénitude d’une terre épanouie. Voir au détour d’une branche un oiseau joueur et recevoir avec une grande claque la mémoire des siècles passés ; se sentir minuscule mais vivant et qu’importe les vicissitudes de notre existence devant cet incomparable héritage, les ravages d’un inflexible cyclone s’effacent devant la naissance d’une jeune pousse.

Publié dans : ||le 16 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

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